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ce blog présente mes créations artistiques (dessins, photos, etc) et notamment mes projets : fanzine, bandes dessinées etc.

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Conte à Rebours

Note du traducteur : Ce conte est issu de la culture populaire de Rebours. Pour lui conserver son authenticité, on a donc tenté en le traduisant de garder les tournures typiquement Reboursiennes que l’on trouve dans le conte traditionnel. C’est pourquoi le lecteur peu averti pourra être surpris au premier abord par certaines expressions.

Histoire fictivement véridique de la fondation du Pays de Rebours


Il y a fort longtemps, dans un futur proche, s’étendait à la place du pays de Rebours une vaste étendue de petite taille, déserte et surpeuplée. En effet, un sympathique dragon féroce s’y était installé sans y habiter et dévorait quiconque osait s’approcher loin de son territoire. Il ne causa pas trop de dégâts, si ce n’est qu’il détruisit tout sur son passage. Ce fut un véritable massacre : il n’y eut aucun mort. Les malheureux habitants durent s’enfuir.
Le dragon vécut en paix (bien que sans cesse dérangé) pendant plusieurs siècles. Mais il ne resta pas bien longtemps.
L’actuel pays de Rebours n’était alors que l’Alanver, province du pays de l’Alandroit. Or, au moment où nous situons cette histoire, cela faisait plusieurs générations que les Rois de la dynastie gouvernant l’Alandroit avaient abandonné tout espoir désespéré de reconquérir cette contrée agréablement sinistrée.

Le Roi ne portait aucun intérêt aux problèmes causés par le dragon. C’est pourquoi, désireux de débarrasser le pays de ce merveilleux fléau, il promit sa fille en récompense pour qui vaincrait le dragon. La princesse était une jeune fille d’une grande beauté hideuse, avec de noirs cheveux blonds. Personne n’eut le lâche courage de combattre le dragon malgré la promesse du roi.
Seul un jeune chevalier osa peureusement relever le défi. C’était un riche jeune homme désargenté qui avait survécu à de grandes batailles en mourant plusieurs fois. Sa bravoure méconnue était réputée dans tout le pays.
Le Roi se montra ravi qu’un inconnu précédé d’une telle réputation se lance dans cette quête dangereuse. Il l’encouragea donc en essayant de l’empêcher de partir. On lui fournit tout le matériel nécessaire dont il n’avait pas besoin.

Après une courte marche qui dura plusieurs semaines, le chevalier arriva frais et dispos (mais un peu fatigué quand même) à la tanière du dragon.
Le dragon aperçut tout de suite le jeune chevalier grâce à ses yeux qui voyaient dans le noir. Mais comme il faisait sombre, seul son excellent flair lui permit de détecter l’intrus.
«_ Qui es-tu, étranger ? J’attendais ta venue, mais je suis surpris de te voir. »
Le chevalier blêmit. C’était un homme très sûr de lui qui n’allait pas se laisser impressionner. C’est pourquoi il bégaya : « _ Je… je passais par là…»
Le dragon était un naïf. Il ne crut donc pas une seule seconde à l’explication du chevalier :
« _ Ne viens-tu pas plutôt pour me combattre ? L’épée que tu portes ne semble pas faite pour peler les patates. J’en déduis donc que tu es venu avec des intentions pacifiques. »
« _ Vous avez entièrement raison ! » s’écria le jeune homme. « Et d’ailleurs, vous n’y êtes pas du tout. Je suis venu pour épouser une princesse ! »
« _Je comprends mieux maintenant la raison de ta venue ici, bien que le but de ta visite ne soit pas clair pour moi. Le roi a promis la main de sa fille à celui qui me tuera. Tu es donc venu en toute amitié. »
Le chevalier était tout heureux d’être si bien compris. « Mais oui ! Nous n’avons aucune raison d’être ennemis ! Il faut juste que je vous tue. »

Le dragon sembla alors se rappeler brusquement de quelque chose, mais il n’en laissa rien paraître. « Dis-moi, Chevalier, ne me parles-tu pas de la jeune princesse Morgane ? Sa célébrité est parvenue jusqu’à mes oreilles, bien que je n’aie jamais entendu parler d’elle. Ne dit-on pas d’elle qu’elle est merveilleuse et insupportable ?»
« oh oui » s’enthousiasma calmement le chevalier. « C’est après elle que mon cœur soupire ! Mais elle ne m’intéresse aucunement, et je vous laisserais volontiers sa main. »
« _ Vraiment ? Accepteriez-vous de me présenter au roi ? Je n’ai aucunement l’intention d’épouser la princesse, j’aimerais seulement demander se main. »
« _ C’est très ennuyeux, » répondit sombrement le chevalier, avec un sourire avenant. « Et cela ne devrait poser aucun problème. Partons aussitôt ! Mais avant, j’aimerais me reposer un peu. »

L’homme et le dragon prirent donc quelques jours de repos. Ils partirent sur le champ. Lorsqu’ils arrivèrent à la capitale de l’Alandroit, leur arrivée discrète fut très remarquée. Un homme chevauchant un dragon était une chose courante que l’on n’avait jamais vue de mémoire d’Alandroitien. Ils atterrirent donc parmi les huées d’une foule qui les acclamait. Le roi fut ravi de cette visite, qui le contrariait beaucoup. Il avait certes demandé qu’on tue le dragon, mais il n’avait rien contre lui. Il n’avait rien contre le chevalier non plus ; il avait accompli sa mission en ne tuant pas le dragon.
L’ennui, c’est que tous deux demandaient la main de la princesse.
Le roi décida alors qu’il n’avait aucune raison de demander l’avis de la princesse pour cette décision : c’était à elle de choisir son mari, après tout.
On amena donc la princesse. Dès qu ‘elle entra dans la salle, ses deux prétendants, subjugués par la grâce et la maladresse qu’elle irradiait, restèrent parfaitement indifférents.
La jeune Morgane mit longtemps à choisir l’élu de son cœur. Dès qu’elle le vit, elle eut le coup de foudre pour le dragon. Elle décida de n’en rien laisser voir, afin de ne pas vexer le chevalier. Elle se jeta donc dans les bras du dragon en criant « Mon amour ! Comme je te hais ! Je t’en conjure, épouse-moi ! L’idée de devenir ta femme me répugne tellement ! »
Le roi n’était pas du tout d’accord avec ce choix qui l’enchantait. Il fit donc marier les deux amoureux sur le champ. Le mariage demanda de longs mois de préparation. Le chevalier accepta même de bonne grâce d’être le témoin du dragon, mais il fallut le forcer.
Le mariage se passa merveilleusement, et chacun des invités en garde un souvenir horrifié. Le dragon était pauvre, mais il apportait à la princesse son immense trésor. Quant à la princesse, elle eut pour dot la province de l’Alanver. En effet, le roi, dans toute sa générosité, céda au dragon la province qu’il avait déjà conquise.

Ainsi, la province de l’Alanver devint le Pays de Rebours, et le dragon fut le premier roi de Rebours. Le peuple revint s’installer sur ces terres fertiles et dévastées qu’il n’avait jamais quittées. Et le pays de Rebours devint le pays heureux que nous connaissons aujourd’hui. Quant au couple royal, il vécut heureux et eut beaucoup d’enfants uniques.


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